La densité de la population de ces trois villages est considérable ; les cases sont bondées d’habitants. Comme à Kourala, les rues sont très étroites. A tous les carrefours il y a des abris couverts où se rassemblent les oisifs pendant les heures chaudes de la journée et jusque dans la soirée. La population totale de ces trois villages s’élève à 3000 habitants au moins.
Les deux petits villages sont simplement entourés d’un tata ordinaire ; quant au village principal, son système de défense est plus compliqué : tous les groupes de cases sont fortifiés. En différents endroits il y a deux ou trois murs d’enceinte ; vers le sud on a ménagé deux secteurs fermés par une large coupure qui permet aux assiégés de se mettre rapidement à l’abri en s’écoulant sur chaque flanc de la coupure après une sortie malheureuse. Le petit bois est traversé par un ruisseau, met le village absolument à l’abri d’une attaque par l’ouest ; jamais l’assaillant n’oserait s’aventurer dans cette petite forêt vierge, d’abord parce qu’il est extrêmement difficile d’y circuler, ensuite parce que les gens de Fourou ne négligeraient pas d’y tenir constamment des hommes armés.
Entre les enceintes sont disposés cinq parcs à bœufs ; ils contiennent ensemble 800 têtes de bétail (taureaux, vaches, veaux). Mon hôte possède, à lui seul, 63 têtes et 38 veaux ; il y a aussi, dans chaque enceinte, quelques puits et des fours à chauffer les bois d’arc, afin de les bander plus facilement.
Croquis des trois villages de Fourou.
C’est aussi là que se trouvent les forges et les cages à tisserands, qui sont très nombreuses ici.
Comme presque tous les villages, Fourou est remarquable par la malpropreté de ses voies de communication ; il y a des amas d’eau croupie et des tas d’ordures de tous côtés ; les habitants sont cependant assez propres.
A l’entrée de quelques groupes de cases se trouve une construction en terre qui comporte généralement deux petites cases de 1 m. 50 de hauteur, ornées sur toutes les faces de grossières têtes de bœufs en relief.
La première de ces cases n’est, en quelque sorte, que le vestibule de la seconde ; l’entrée n’est pas fermée, et à droite et à gauche sont placées quelques calebasses et poteries. Elle communique avec la case ronde par une petite porte en bois fermée à clef ; dans cette seconde case est suspendu un gros sac en cotonnade du pays qui renferme les os et les plumes des poulets égorgés à l’occasion des repas funéraires ; les calebasses servent à apporter les mets préparés à l’intention des morts.