« Mille et mille salutations et mille souhaits de bonne santé de l’émir des croyants à son très cher et intime ami le chrétien français.
« Or je t’adresse cette lettre pour te faire savoir qu’aujourd’hui nous sommes dans la joie et rendons grâces à Dieu.
« Hâte-toi de venir auprès de nous, accours sans tarder, car nous désirons ta prompte arrivée auprès de nous.
« Et nous nous réjouissons de ton arrivée à cause de la grande amitié qui existe entre nous et les Français et de notre alliance.
« Sur ce, salut. »
Karamokho, sur le dos du billet, a inscrit son nom en français et un salut en arabe.
J’en donne ci-dessous le fac-similé.
Le soir je fais le reste de mon étape ; on traverse plusieurs petites ruines et quelques ruisseaux sans importance. Le pays est moins monotone : on voit dans l’est et le nord-est d’assez grandes hauteurs.
Nous couchons à Bassa, très grand et beau village, d’une propreté digne d’être signalée, car depuis longtemps je n’ai eu qu’à constater la trop grande malpropreté des lieux habités en général.