Si les diassa appartiennent à l’assaillant qui bloque un village, ils ont rarement plus de 50 à 60 mètres de côté, et renferment un nombre d’abris qui varie entre 200 et 250 au maximum. Quand le diassa sert d’enceinte à un village, les dimensions de ses côtés sont naturellement beaucoup plus grandes, car il n’y a guère de villages fortifiés aussi petits que cela.

Pour un village de grandeur moyenne, le diassa a environ 1000 mètres de développement et il n’y a en général pas plus de 300 fusils pour le défendre, à moins qu’une partie des guerriers de la contrée ne se soit portée dans le village, et que ce dernier ne constitue ainsi la dernière résistance que l’ennemi puisse opposer.

On voit par cela qu’il n’y a qu’un défenseur par 3 mètres courants de diassa ; si peu que quelques-uns d’entre eux abandonnent leur poste de combat pour se porter ailleurs, une face est bien vite dégarnie, ce qui permet de s’en approcher, généralement sans subir de trop grandes pertes.

Un diassa.

Les indigènes assiègent pendant des mois entiers des diassa sans parvenir à s’en emparer. Les Sénoufo, paraît-il, s’en approchent à l’aide de grands boucliers en bois recouverts de peau de bœuf séchée, coupent les harts et les pieux à coups de hache et réussissent ainsi à s’en emparer. Si les diassa se flanquent mutuellement, la besogne est moins facile et les indigènes ne s’en emparent que difficilement de vive force. Il faut ensuite faire un siège en règle, et l’on ne peut compter que sur un blocus rigoureux amenant la famine et la reddition, ou bien sur une trahison.

Pour nos troupes des colonies, la prise d’une enceinte en palanquement est moins difficile, surtout quand on dispose d’une ou deux pièces de canon, pour épouvanter les assiégés, car le quatre de montagne est impuissant, même à 250 mètres, à faire brèche.

Le tata de Sikasso.

Une canonnade bien dirigée sur une des faces en éloigne les défenseurs, de sorte qu’il est aisé d’y porter rapidement une troupe munie de paille qu’elle allume au pied du palanquement ou qu’elle jette à l’intérieur, sur les toits en chaume. Un village en feu n’est pas tenable, et le défenseur n’attend généralement pas l’assaut pour l’abandonner.