D’après Ahmed Baba, traduction de Rolfs, « il emmena 60000 guerriers (?). Partout où passait le sultan, il se faisait précéder de 500 esclaves dont chacun portait une canne en or pesant 500 mitkal d’or » (6 kil. 500 d’or). Ces données sont évidemment exagérées, elles offrent cependant un certain caractère de vérité, puisque plusieurs peuples que j’ai visités ont conservé la coutume des porte-canne. Ardjouma, chef du Bondoukou, se fait précéder d’un sabre à pomme d’or pesant environ 1 à 2 kilogrammes.

D’après Ahmed Baba, le poids total de ces cannes aurait représenté une valeur intrinsèque de 100 millions ! Ce n’est guère possible.

« En allant à la Mecque, il prit le chemin de Walata et traversa le Touat. Dans ce dernier pays, ajoute l’historien, il dut abandonner beaucoup de son monde. Atteint d’une maladie dans les jambes, qu’ils nomment dans leur langue touat (?). » C’est probablement la filaire de Médine.

L’historien ajoute même que c’est parce que les gens de Mansa Mouça se fixèrent dans ce lieu qu’il a conservé le nom de Touat.

Barth ajoute que cette circonstance est bien connue des habitants du Touat, dont une grande partie se dit d’origine sonr’ay.

Les Orientaux du Caire et de la Mecque, dit Ahmed Baba, furent éblouis par sa puissance et sa munificence. Le peuple sonr’ay lui fit sa soumission dès qu’il entreprit son pèlerinage.

A son retour de la Mecque, il passa par le Sonr’ay.

Ebn Batouta nous apprend que Mansa Mouça ou Konkour Mouça campa dans le jardin de Sirakh ed-Din ben el-Kouwaïk, notable commerçant d’Alexandrie, établi dans un lieu nommé Birket-el-Khabas, dans la banlieue du Caire.

C’est pendant son voyage d’aller et probablement avant de se diriger sur Oualata que Mansa Mouça soumit Tombouctou et plaça la ville sous sa suzeraineté.

Il y fit construire un palais, actuellement détruit, que l’on nommait Mâ dougou et élever un minaret de la grande mosquée.