En lisant attentivement la chronologie, on s’aperçoit immédiatement qu’en dehors de Konkour Mouça et de Mansa Souleyman, le Mali n’a guère possédé de rois brillants. Le dernier acte important à enregistrer date du règne de Mansa Diara, qui envoya une ambassade à Abou el-Hassan, sultan du Maroc.

Avec la mort de Mansa Diara (1373) commence pour le Mali l’ère de la décadence ; le sultanat se maintient cependant jusqu’au commencement du XVe siècle. Puis, sous le règne de Sonni-Ali, fils de Sonni Mohammed Daou, en 1465, le Mali fut complètement bouleversé. Enfin, à l’avènement d’Askia Mohammed (1492), la décadence était complète. Celui-ci et ses successeurs firent si souvent la guerre au royaume de Mali qu’il succomba.

Il faut donc reporter la désagrégation du sultanat de Melle ou Mali vers l’année 1540, c’est-à-dire à cinq ans après la mort d’Askia.

1540 environ. — « Alors, dit Ahmed Baba, le sultanat de Melle se disloqua en trois royaumes ayant chacun son propre sultan, puis les deux gouverneurs militaires[67] institués par Konkour Moussa se soulevèrent à leur tour et se taillèrent chacun un royaume. » De sorte que Melle divisé a donné lieu à cinq nouveaux groupements, qui seraient, selon nos recherches :

1o Les Bambara, avec les Samokho et les Sama-nké ;

2o Les Mali-nké ;

3o Les Sousou ;

4o Les Sonni-nké ;

5o Les Dioula.

Un essai sur l’histoire mandé proprement dite n’est donc pas chose aisée. Les matériaux à notre disposition sont excessivement rares. Les chroniques arabes, pleines d’omissions, sont confuses. Les historiens musulmans ont apporté trop de négligence dans leurs relations pour permettre d’écrire une histoire fidèle et de retracer avec soin les vicissitudes traversées par les nombreux États nègres habités actuellement par les Mandé.