La lutte se continua encore à la fin du XVIIIe siècle entre les Diawara Sagoné et les Diawara Dabo, mais ils durent tous les deux se retirer devant les Bambara du Bélédougou, qui forcèrent les Sagoné à s’établir au nord du Kaarta, à Diawara-Melle, et les Dabo dans le Kingui, au sud du Nioro.

El-Hadj Omar battit successivement de 1854 à 1860 les Diawara Sagoné et Dabo et les força de rentrer dans le Ségou, mais sous le règne d’Ahmadou une partie d’entre eux fit retour dans le Kingui.

Aujourd’hui il n’existe dans le Ségou qu’un seul village diawara dabo, c’est Fogny, point de passage du Niger entre Yamina et Ségou, et trois villages diawara sagoné : ce sont Mokottyka, Samboka, Aïsaka.

Quoique ces deux partis ne soient plus en lutte ouverte, ils restent toujours divisés, et dans les guerres d’Ahmadou les Sagoné ne campent jamais avec les Dabo.

De cette époque datent aussi les migrations vers la Haute-Gambie et la formation des colonies sonni-nké de la Casamance, enfin, plus récemment, pendant les guerres d’El-Hadj Omar, les Sonni-nké se sont encore désagrégés davantage.

Aujourd’hui on les trouve à l’état de familles compactes dans le Guidimakha, le Diafounou, le Kaarta, le Nioro, le Guoye, le Kaméra, le Bondou, le Bambouk, le Bakhounou et le Ségou dans le Soudan français, et à l’état isolé un peu disséminés, partout jusque dans le Dafina.

En 1885-1886, un des leurs, El-Hadj Mahmadou Lamine, trop connu par ses menées et l’insurrection des Sonni-nké dans le Haut-Sénégal pour que je m’étende plus longuement sur lui, a essayé de reconstituer à son profit un nouvel empire sonni-nké et il n’a pas fallu moins de deux campagnes au colonel Gallieni pour détruire sa puissance et s’emparer de lui.

FAMILLE MANDÉ-BAMMANA

Nous avons vu dans les chapitres précédents comment, à la suite des conquêtes de Mohammed Askia, l’empire de Mali se trouvait divisé en cinq gouvernements ou groupements distincts. A cette même époque beaucoup d’autres peuples qui faisaient partie de ce vaste empire s’en détachèrent. Tels sont les Siène-ré, les Tagoua, les Bobo-Dioula, etc., et en particulier les Gondja.

Enfin les Soso disparurent également et s’éloignèrent du théâtre de ces événements. L’arrivée des troupes marocaines du pacha Diodar en 1587 et la conquête de l’ancien empire sonr’ay par les troupes marocaines permirent aux peuples de race mandé d’espérer un moment la reconstitution de leur royaume. Aussi une fraction d’entre eux ne tarda pas à se lever en masse et à chercher à s’emparer du pouvoir.