Cette lutte pour le pouvoir dura trois longues années et ne se termina que grâce à la mort de Sagoné, qui fut tué près de Ségou-Sikoro en 1754 ; elle eut pour résultat :

1o De consolider les Bammana dans le Bélédougou, le Nioro et le Ségou ;

2o De permettre aux Ahel-Semborou, fraction de Foulbé, de s’établir dans le nord du Bakhounou ;

3o De fixer les Ouled-Masouk, fraction des Ouled-Mbarek, sur les limites du Bakhounou.

Ce fut Hennoun ben Bohedel ould Mebarek, qui avait conduit les Ouled-Masouk à la guerre, qui fut, d’après les traditions, investi du pouvoir et proclamé régent du Bakhounou. Barth nous a rapporté le nom des successeurs de Hennoun, et comme l’un d’eux a été visité par Mungo-Park en 1796-1797, et que nous savons que précisément celui-là régna près de 40 ans, nous pouvons facilement déduire les dates approximatives de l’avènement des autres.

Ainsi Ali ould Omar régna près de 40 ans et reçut la visite de Mungo-Park peu de temps avant sa mort. Mungo-Park y était en 1797 : la date probable de la mort du chef est donc environ 1800 ; s’il a régné près de 40 ans, mettons 38 ans, la date de son avènement serait 1762.

Le prédécesseur d’Ali ouled Omar fut Omar ouled Hennoun, puissant chef qui donna son nom à cette dynastie (celle des Ouled-Omar ou Loudamar, comme les nomme Mungo-Park). Nous estimons qu’il a régné de 1754 à 1762, c’est-à-dire 8 ou 9 ans.

Quant au prédécesseur d’Omar ouled Hennoun, c’est précisément Hennoun ben Bohedel ouled Mbarek, celui qui mena les Ouled-Masouk à la guerre. Celui-là régna de 1751 à 1754, fort probablement ; nous arrivons donc à une concordance de dates qui laisse peu à désirer comme exactitude.

Les fractions sonni-nké-siawara qui prirent part à cette lutte sont aujourd’hui dispersées, cependant nous avons pu retrouver leurs traces. (Voir [page 381,] au chapitre Sonni-nké.)

L’autre fraction sonni-nké, celle des Ahel-Massa ou Sâro, se retira en partie vers Djenné, où on la trouve encore disséminée aux environs de Sâro même ; elle parle un dialecte mandé-sonr’ay dont on m’a souvent entretenu, mais dont je n’ai pas eu la bonne fortune de rapporter de vocabulaire.