En échange de ces produits, les Mossi remportent du cuivre en barres pour bracelets, des kolas, de la cotonnade de couleur de Oual-Oualé et surtout des cauries.
Pendant mon séjour ici, il est arrivé deux fois des Mossi, dont une partie est venue camper chez mon hôte El-Hédi Touré. Rien n’est curieux comme l’arrivée d’une bande de ces gens-là, car on ne peut qualifier cela de caravane.
Précédés d’un lounga, griot jouant du petit tam-tam à cordes qui se tient sous le bras, les Mossi, au nombre d’une trentaine, portant chacun sur la tête un rouleau plus ou moins volumineux de taro, se bousculent et se précipitent dans le village en poussant de véritables cris de fauves pour annoncer leur arrivée. Ils font irruption dans tous les boulou inoccupés. Le plus ancien va saluer l’hôte qu’il a choisi et lui offre pour se faire bien venir la traditionnelle boule de soumbala.
La vente ne commence que le deuxième ou troisième jour, les gens de Oual-Oualé se gardant bien de se presser à acheter leur cotonnade, ils retardent le plus possible leurs demandes, de façon à pouvoir leur extorquer quelques centimètres de plus par 100 cauries sous des prétextes plus ou moins fondés. Enfin, arrivés à leurs fins, ils enlèvent tout dans une journée, en ayant soin de ne leur donner en payement que de grosses cauries. Leurs achats terminés, les Mossi, auxquels il reste de trop lourdes charges de cauries, sont forcés de convertir les grosses cauries en petites, de façon à pouvoir les emporter, ce qui donne lieu à un agio de 10 pour 100, 1100 grosses cauries n’en valant que 1000 petites.
Les Mossi sont considérés par les Dagomba comme des brutes, ils les trompent dans le décompte des cauries, ce qui n’est pas difficile ; un Mossi mettant presque une journée entière pour compter quelques milliers de cauries.
Et Dieu sait si les Dagomba sont naïfs cependant.
Arrivée d’une bande de Mossi.
A ce propos, je me souviens d’une aventure qui m’a bien amusé à Oual-Oualé.
A Ladio, après la perte de mes ânes, en refaisant mes charges, je m’aperçus que la plupart de mes cadenas, en tôle légère, étaient dépourvus de clefs : comme leur prix en France n’excédait pas 10 ou 15 centimes, je m’empressai de les jeter pour nous alléger d’autant.