Le campement de Tourmi, où nous faisons étape, est aussi connu sous le nom de Dadjintirimi et de Kouloukou ; il est formé d’un groupe de paillotes disposées autour d’un netté stérile à environ 200 mètres au nord d’un bas-fond d’où l’on tire de l’eau. A ce campement habite une famille dont le chef, qui semble s’être constitué gardien de ce lieu, prête, moyennant une petite rétribution, des marmites et autres ustensiles de ménage aux voyageurs.

Aux alentours du campement poussent au hasard quelques pieds d’indigo, de piments, de bananiers sans régimes, des ricins et surtout des papayers, dont une bonne partie ont été abattus et gisent couverts de fruits autour des cases.

Par tout le Soudan on peut admirer le ricin, qui paraît venir à l’état spontané ; il y en a plusieurs variétés, et certains pieds sont de véritables arbustes.

Le papayer ne croît pas à l’état spontané, comme je l’ai supposé pendant quelque temps, on le rencontre souvent en dehors des villages, dans des lieux plus ou moins écartés ; mais en cherchant bien on finit presque toujours par découvrir qu’on se trouve sur l’emplacement d’une ruine ou bien sur le parcours de gens qui ont mangé des papayes en route et en ont jeté les graines.

La papayer du Soudan est le Papaya carica ; il est représenté par deux variétés : l’une aux graines abondantes, l’autre aux graines rares ou sans graines. Cette variété est plus délicate que la précédente.

L’arbre atteint de 3 à 4 mètres et ne porte des feuilles qu’à la couronne.

Les fruits poussent le long du tronc et sont de la grosseur de belles poires. La chair du fruit est jaune, parfumée et très délicate, on la mange comme dessert ou comme le melon, avec du sel.

Le fruit renferme des graines coriaces et d’un vert foncé ressemblant aux câpres ; elles ont un goût fort et une saveur piquante ; on les emploie comme vermifuge. L’arbre, le fruit et les feuilles laissent exsuder une matière laiteuse possédant les mêmes propriétés que la pepsine. La pulpe du fruit est employée par les jeunes filles pour se frictionner la peau et enlever les taches de soleil. Enfin les femmes emploient les feuilles dans les lessives. On pourrait en faire d’excellents fruits confits et même en tirer de l’eau-de-vie.

Konkronsou.