1o Le foulard rouge, dessin noir et blanc, se vend, les 15 douzaines, 1 barifiri, en chiffres ronds 50 francs, c’est-à-dire un peu moins de 28 centimes pièce ;
2o Le coton rouge filé qui entre dans la confection des étoffes indigènes et surtout des el-harrotafe de Kong : 60 à 65 écheveaux pour 1 barifiri, environ 75 centimes l’écheveau.
3o Le drap rouge dit mourfi, les 12 mètres carrés : 1 barifiri, ou 4 fr. 16 le mètre carré.
4o Le cuivre en baguettes de 1 mètre, suivant la grosseur, le cent : 50 francs à 62 fr. 50.
5o Les colliers en corail, brins, tout petits, d’une valeur de 28 centimes en France ; le cent : 50 francs.
6o Une brocade blanche bien apprêtée, largeur 75 à 80 centimètres, pliée en piécettes des 10 yards : 12 à 14 piécettes pour 1 barifiri ou 50 francs. Le mètre environ, 40 centimes.
7o Une sorte de tissu rouge, d’une largeur de 35 centimètres, dont j’ai perdu le métrage : 38 à 40 piécettes pour 1 barifiri.
Ces articles, de monnaie courante à Bondoukou, sont presque tous de provenance étrangère, anglaise ou allemande, et viennent de Dioua (Oqoua ou Cape Coast) par Koumassi, et d’Assinie et Grand-Bassam par Krinjabo. Ils sont apportés à Bondoukou par des Achanti marchands, désignés sous le nom de galli (du verbe mandé gallo, « vendre, échanger, trafiquer »). Ces galli constituent une société à part ; comme les dioula dans le Soudan, ils passent partout ; ainsi, actuellement, tout Achanti non galli s’aventurant dans le Diamman a le cou coupé par les Ton, tandis que les Achanti dits galli passent partout.
L’inimitié semble avoir régné depuis une époque reculée entre l’Achanti et le Gaman ou Diamman. Bowdich nous parle d’une invasion du Gaman par Saï Apokou, souverain de l’Achanti, vers l’année 1720, puis le même auteur signale une autre guerre entre les deux puissances en 1819. Le Gaman n’a jamais été tributaire de l’Achanti.
Très actifs, ces galli sont en outre sobres et économes : jamais ils n’ont fait chez Sitafa plus d’un repas par jour, et encore ne se composait-il que d’une très petite quantité de to d’ignames. Leur unique vêtement consiste en un grand plaid en calicot de couleur, qui leur sert aussi de couverture la nuit.