Bref, je soufflai ma bougie et m'endormis navré, bourrelé de tristesse, peut-être avec une secrète envie de ne me réveiller jamais…
Le lendemain, pourtant, je fus sur pied au premier soleil. Le devoir et une leçon de grec m'appelaient.
En descendant l'escalier, j'entendis une rumeur au second étage. La réception de la cantatrice avait duré jusqu'au jour; la porte s'ouvrit; quelques-uns des retardataires prenaient congé.
Je m'efforçai de fuir inaperçu, mais un petit rire grêle, acerbe, odieux, frappa mon oreille et me poursuivit jusque dans la rue….
La diablesse, sans doute, m'avait vu passer!…
UNE NOUVELLE MÉTHODE JUDICIAIRE
On sait combien se sont attisées, en ces temps derniers, les polémiques des journaux par rapport à l'application continue, régulière pour ainsi dire, de la «loi de lynch» dans les régions ouest et nord des États-Unis.
La majeure partie du monde civilisé réprouve hautement ces primitifs procédés de justice sommaire; mais dans le susdit Far-West, à travers les fraîches étendues prairiales, parmi les jeunes peuplades pressées de fixer leurs soudaines institutions et d'imposer leurs droits essentiellement litigieux de premiers occupants, ce même système de hâtive répression rencontre d'obstinés défenseurs.
D'après ces derniers, le lynch répand, en l'absence de police effective, une utile terreur: il annule les chances d'impunité que laisse aux scélérats l'hésitante jurisprudence des tribunaux imparfaitement établis; il oppose, enfin, un état de guerre perpétuel à la tourbe d'aventuriers et d'écumeurs, toujours prête à s'abattre sur le berceau des naissantes républiques.
Incidemment, les mêmes apologistes font valoir l'impression moralisante de ces fougueuses vindictes de l'emportement populaire. C'est un sublime effet de l'instinct social, prétendent-ils, que cette subite entente des masses pour la défense de l'intérêt commun.