—Vous aurez aussi tout loisir de vous habiller, dit mistress Flyburn en entre-bâillant une autre porte qui cachait un cabinet de toilette.

C'était décidément un dialogue en règle entre une pensée et une voix.

Miss Ellen ne put se défendre d'exprimer son étonnement.

—Vous êtes extraordinaire, mistress Flyburn! s'écriait-elle. Vous m'avez nommée sans m'avoir jamais vue; vous avez préparé mon installation à l'heure où j'ignorais encore ce que le sort déciderait de moi; vous répondez d'avance à tout ce que je suis sur le point de vous demander; de grâce, qu'est-ce que tout cela signifie?

—Excusez-moi, miss Ellen, c'est le concours des circonstances… Je fonde des hypothèses, oui, de simples conjectures…

La curiosité de miss Ellen parut encore une fois gêner beaucoup la bonne vieille; elle balbutiait ses explications et, glissant à reculons, elle s'effaça de la chambre dont elle referma la porte sans le moindre bruit.

Restée seule, miss Ellen s'étendit dans un fauteuil et laissa courir son imagination qui retraça, comme une suite de rêves tumultueux et bizarres, les événements de la journée.

La chaleur torride du matin se rafraîchissait d'un souffle d'orage. Tout faisait silence; le chant seul du merle, sifflant dans le jardin sa note rieuse, vibrait imperceptiblement à travers les murs.

L'harmonie de la situation inspirait la sagesse.

Pourquoi miss Ellen ne mènerait-elle pas désormais cette vie paisible, et pourquoi ne ferait-elle pas de son plein gré ce que semblait souhaiter mistress Josuah?