Et quand il se fut, pour ainsi dire, collé les quinquets sur le bois pour voir «si ça avait bien marqué», il revint près des quatre complices aux écoutes et, à voix basse et joyeusement, leur dit:

—Filons!

Carrément, cette fois, ils s’engagèrent de front sur le milieu du chemin et repartirent, sans faire de bruit inutile, à l’endroit où ils avaient abandonné leurs sabots et leurs bas.

Mais sitôt rechaussés, dédaigneux tout à fait d’inutiles précautions, frappant le sol à pleins sabots, ils regagnèrent Longeverne et leur domicile respectif en attendant avec confiance l’effet de leur déclaration de guerre.


CHAPITRE II
TENSION DIPLOMATIQUE

Les ambassadeurs des deux puissances ont échangé des vues au sujet de la question du Maroc.

Les journaux (été 1911).

Quand «le second» eut sonné au clocher du village, une demi-heure avant le dernier coup de cloche annonçant la messe du dimanche, le grand Lebrac, vêtu de sa veste de drap taillée dans la vieille anglaise de son grand-père, culotté d’un pantalon de droguet neuf, chaussé de brodequins ternis par une épaisse couche de graisse et coiffé d’une casquette à poil, le grand Lebrac, dis-je, vint s’appuyer contre le mur du lavoir communal et attendit ses troupes pour les mettre au courant de la situation et les informer du plein succès de l’entreprise.

Là-bas, devant la porte de Fricot l’aubergiste, quelques hommes, le brûle-gueule aux dents, se préparaient à aller «piquer une larme»[10] avant d’entrer à l’église.