—Rentre! dit-elle à son frère, et fais semblant de travailler, moi je vais rester à ravauder mon bas.

Tout en ayant l’air de ne s’intéresser qu’à son travail, la sœur de Tintin ne manqua pas d’observer en dessous la mine de son père, et elle ne douta nullement qu’il y aurait du grabuge, quand elle eut saisi le coup d’œil qu’il lança pour savoir si son fils se trouvait encore à fainéanter au seuil de la porte.

Les bœufs et les vaches se pressaient, se bousculaient pour rentrer vite à l’étable et tâcher, en longeant la crèche, de voler une partie du «lêcher» déposé pour le voisin avant de manger leurs parts respectives. Mais le paysan fit claquer en menace son fouet, affirmant ainsi sa volonté de ne point tolérer ces vols quotidiens et coutumiers, et, dès qu’il eut entouré le cou de chaque bête de son lien de fer, les sabots noirs de fumier et de purin, il poussa la porte de communication qui ouvrait sur la cuisine où il trouva son fils occupé à préparer, avec une attention inaccoutumée et de trop bon aloi, une leçon d’arithmétique pour le lendemain.

Il en était à la définition de la soustraction.

—«La soustraction est une opération qui a pour but...» marmottait-il!

—Qu’est-ce que tu fais maintenant? dit le père.

—J’apprends mon arithmétique pour demain!

—Tu savais tes leçons tout à l’heure?

—J’avais oublié celle-là!

—Sur quoi?