On choqua les pommes, on brandit les coupes, on beugla des injures aux ennemis, on exalta le courage, la force, l’héroïsme de Longeverne, et on but, on lécha, on suça la pomme jusqu’au tréfonds des chairs.
—Si on en poussait une, maintenant! proposa Tigibus.
—Allez, Camus! Ta chanson!
Camus entonna:
Rien n’est si beau
Qu’un artilleur sur un chameau...
—C’est pas assez long! C’est dommage! Elle est belle.
—Alors on va tous chanter ensemble: «Auprès de ma blonde.» Tout le monde la sait. Allons-y. Une! deusse! Et toutes les voix juvéniles lancèrent à pleins poumons la vieille chanson:
Au jardin de mon père (bis)
Les lauriers sont fleuris (bis)
Tous les oiseaux du monde
Viennent faire leur nid
Oui!
Auprès de ma blonde
Qu’il fait bon, fait bon, fait bon!
Auprès de ma blonde
Qu’il fait bon dormir!
Tous les oiseaux du monde (bis)
Viennent faire leur nid, (bis)
La caill’, la tourterelle
Et la jolie perdrix
Oui!
Auprès de ma blonde...
La caille, la tourterelle (bis)
Et la jolie perdrix (bis)
Et la blanche colombe
Qui chante jour et nuit,
Oui!
Auprès de ma blonde...