—Peut-on savoir, hasarda Bacaillé, pour dire quelque chose lui aussi.
Tous étaient entrés derrière le chef. Seuls, Camus et La Crique, sombres et silencieux, leur trique au poing, comme le Chéroub au seuil du paradis perdu, gardaient la porte.
Lebrac laissa ses soldats se plaindre, se lamenter et hurler ainsi que des chiens qui sentent la mort. Lui, comme écrasé, s’assit à terre, au fond, sur les pierres qui avaient contenu le trésor, et, la tête dans les mains, sembla s’abandonner à son désespoir.
Personne ne songeait à sortir: on criait, on menaçait; puis l’effervescence de cris se calma et cette grande colère bruyante et vaine fit place à la prostration qui suit les irréparables désastres.
Camus et La Crique gardaient toujours la porte.
Enfin Lebrac, relevant la tête et se redressant, montra sa figure ravagée et ses traits crispés.
—C’est pas possible, rugit-il, que les Velrans aient fait ça tout seuls; non, c’est pas possible qu’ils aient réussi à trouver not’ cabane sans qu’on leur ait enseigné où elle était! C’est pas possible, on leur a dit!
Il y a un traître ici!
Et son accusation proférée tomba dans le grand silence comme un coup de fouet cinglant sur un troupeau désemparé.
Les yeux s’écarquillèrent, et papillotèrent. Un silence plus lourd plana.