—Mes habits du dimanche? sursauta le prisonnier.
—J’ veux pas, j’ veux pas! je l’ dirai à nos gens[89]!
—Chante toujours, mon petit, tu nous amuses; mais tu sais, tu n’as qu’à recommencer à cafarder pour voir un peu, et j’ te préviens que si tu brailles trop fort ici on te la boucle, ta gueule, avec ton «tire-jus», comme on a fait à l’Aztec des Gués.
Comme ces menaces ne décidaient point Bacaillé à se taire, on le bâillonna et on fit sauter tous ses boutons.
—Ce n’est pas tout ça, n. d. D., reprit La Crique, si on ne fait que ça à un traître, c’est vraiment pas la peine! Un traître!... c’est un traître! n. d. D. et ça n’a pas le droit de vivre!
—On va le fouetter, proposa Grangibus, chacun son coup puisqu’il nous a fait du mal à tertous.
On ligota de nouveau Bacaillé nu sur les planches de la table démolie.
—Commencez, ordonna Lebrac.
Un à un, la baguette de coudre à la main, les quarante Longevernes défilèrent devant Bacaillé, qui, sous leurs coups, hurlait à fendre le roc, et ils lui crachèrent sur le dos, sur les reins, sur les cuisses, sur tout le corps en signe de mépris et de dégoût.
Durant ce temps, une dizaine de guerriers, sous la conduite de La Crique, étaient sortis avec les habits du condamné.