—Il faut aller prendre à la cabane tout ce qui peut servir encore et aller le cacher ailleurs en attendant.
A deux cents mètres de là, dans le taillis, une petite excavation, insuffisante pour remplacer celle qu’on venait de perdre par le crime de Bacaillé, pouvait, faute de mieux, abriter momentanément les débris de ce qui avait été le palais de gloire de l’armée de Longeverne.
—Il faut tout apporter ici, décida-t-il. Et immédiatement la majeure partie de la troupe s’occupa à ce travail.
—Fichez aussi le mur en bas, compléta-t-il, enlevez le toit et murez la provision de bois; il faut qu’on ne voie plus rien de rien.
Les ordres étant donnés, pendant que les soldats vaquaient à ces corvées réglementaires et pressées, il conféra avec les autres chefs: Camus, La Crique, Tintin, Boulot, Grangibus et Gambette.
Ce fut une conférence longue et mystérieuse.
L’avenir et le présent y furent confrontés au passé, non sans regrets et sans plaintes, et surtout l’on agita la question de reconquérir le trésor.
Ce trésor était sûrement dans la cabane des Velrans et la cabane était dans le bois; mais comment le trouver et surtout quand pourrait-on le chercher?
Il n’y avait que Gambette habitant sur la Côte et quelquefois Grangibus occupé au moulin qui pouvaient invoquer des motifs plausibles d’absence sans courir le risque d’un contrôle immédiat et sérieux.
Gambette n’hésita pas.