--Bonsoir, grand-père, lui dit-elle en se précipitant dans ses bras.

La surprise et le saisissement empêchaient Lalouette de répondre; il regardait sa fille comme pour s'assurer de sa présence.

--Suzon! Suzon! s'écria-t-il enfin, c'est bien toi, n'est-ce pas, Suzon?

Ses yeux étaient pleins de larmes, sa physionomie portait les traces des inquiétudes qu'il venait d'éprouver.

--Oui, grand-père, c'est moi, remettez-vous, dit-elle.

--Mais d'où sors-tu donc, mon enfant? ajouta le vieillard. Te voilà seule! et où est Anselme?

--Nous étions en retard, grand-père; il m'a quittée à la barrière pour aller plus vite à sa besogne. Voyons, tranquillisez-vous, me voici.

Le vieillard l'embrassa avec effusion; la vue de sa fille le ranima peu à peu.

--Méchante enfant! dit-il avec tendresse.

--C'est vrai, grand-père, j'ai tort, répondit Suzon; mais je ne vous quitterai plus. Rentrons, je suis rendue. C'est si loin Saint-Cloud. Oh! quelle journée! quelle journée! ajouta-t-elle avec un accent plein de mélancolie.