--Suzon est gentille, répondit froidement Anselme; je la regrette; elle vaut cent mille Guichard. Mais elle est montée en fonds comme moi; ce serait misère et compagnie. Vous qui êtes une femme d'âge, vous devriez comprendre cela, tante.
--Mais, malheureux! répondit la vieille avec une indignation contenue; il ne fallait pas la tromper, alors! Veux-tu que je te dise tout?
--Dites, tante.
La mère Falempin se pencha vers son oreille, de manière à ce que rien de ce qu'elle disait ne fût entendu par d'autres que lui. On put voir, à cette confidence, un sentiment de trouble passer sur la figure du jeune homme; mais ce fut un éclair; il se remit presque sur-le-champ:
--Eh bien? dit la vieille femme quand elle eut fini.
--Eh bien, répliqua le neveu: avant comme après. C'est triste à dire; mais c'est comme ça.
--Anselme! s'écria la mère Falempin avec un accent indigné, ton oncle t'a maudit, je te maudis aussi. Tu finiras mal, je te le répète; tu monteras un jour sur l'échafaud!
Sans attendre sa réponse, elle le quitta brusquement après ces derniers mois. Le jeune homme resta comme étourdi sur le coup.
--Deux malédictions pour une! se dit-il; voilà de la chance!
Il allait, toutefois, se remettre en chemin et regagner l'établissement où il espérait entrer bientôt en maître, quand une main se posa sur son épaule.