[Où l'on dégage la moralité de l'histoire.]
Stanislas Robert, en finissant, crut devoir s'incliner avec modestie, comme s'il eût voulu récuser d'avance l'explosion des bravos. Mais le succès avait été trop réel, et chacun des auditeurs était trop vivement préoccupé de l'idée de chercher un sens, un secret, un aveu, dans ce récit, pour donner place aux applaudissements vulgaires. Personne ne battit des mains, chacun interrogea à son tour:
—Êtes-vous bien certain qu'Angèle ait angéliquement pardonné à son mari? demanda madame Julie Vernier. Pour moi, j'en doute.
—Et moi je n'en doute pas, interrompit la señora Mendez: la passion vraie purifie tout.
—Pour ma part, insinua sir Olliver, je ne crois pas à la passion des artistes ni au pardon des dames.
—S'il y avait eu moins de vanité et par conséquent plus d'amour réel dans cette union, dit Frantz, les tentations ignobles n'auraient pas effleuré votre héros. Tout le monde peut aimer, même les artistes, et l'amour vrai ne conseille jamais de bassesse.
—Vous êtes sévère, dit le peintre.
—Que t'importe? reprit Ottavio, tu nous as déclaré que ce n'était pas là ton histoire.
—Sans doute, mais j'en suis l'historien; et si la moralité vous en semble immorale, je deviens complice.
—Et vous, que pensez-vous de votre héros? demanda vivement l'Espagnole.