—Oui, milord, reprit-il, je consens; je mets une seule condition, c'est que nous viderons ensemble quelques bouteilles d'excellent vin, que je ne me soucie pas de voir noyer. La mer boit mal.
—C'est parfaitement raisonné. Monsieur le capitaine, permettez-moi de vous offrir un cigare.
—Je n'en fume guère, j'ai l'habitude de la pipe; mais puisque c'est la dernière fois que nous fumons ensemble.....
Et Michel, qui avait beaucoup de peine à garder son sérieux, prit un des blonds cigares de sir Olliver, et le mit à ses lèvres.
Tout était préparé dans la chambre du capitaine pour un souper. Une certaine élégance, celle qui tient surtout à l'harmonie des formes entremêlées de bouteilles bien choisies, étonna sir Olliver. La partie solide laissait à désirer; mais le capitaine s'excusa.
—Je n'ai pas eu le temps d'écrire à Paris et de prévenir Chevet, dit-il en montrant un jambon, du fromage et quelques fruits secs.
—Nous n'avons besoin de rien de plus, répliqua courtoisement l'Anglais qui comptait les bouteilles; le prétexte pour boire est suffisant.
—Eh bien! à table; et faisons peur à vos chagrins! Pourvu qu'ils ne sachent pas nager, s'écria Michel qui ne se sentait pas d'aise.
—Je ne comprends plus, demanda sir Olliver.
—Parbleu! c'est bien simple: s'ils ne savent pas nager, ils vont être noyés.