La jeune veuve regarda l'Anglais avec un coup d'œil de côté et un sourire plein d'épisodes; mais elle ne répliqua pas.

—Nous consentons, mon cher Frantz, à l'arrangement proposé, dit Stanislas Robert. Heureuse la femme qui peut rester muette, parce que tous les rêves de son cœur sont devinés et traduits par un interprète.

—Vous voyez que je fais bien de ne pas parler, interrompit madame Vernier.

—Et j'ai eu tort sans doute de raconter mon histoire? demanda la señora Mendez.

—En aucune façon, mesdames. J'excuse, j'approuve le mutisme, mais à la condition d'un interprète. Quel est le vôtre, madame Vernier? En aurez-vous un, señora?

Au lieu de répliquer et de prolonger cette petite chicane, les deux dames se levèrent, la jeune veuve avec une sorte de dépit, l'Espagnole avec une mélancolie souriante. Puis chacun devint libre et l'on se dispersa.

Sir Olliver était allé au buffet. Ottavio et Stanislas Robert restèrent seuls un moment.

—J'imagine, dit l'Italien, que c'est toi qui renverras la clef?

—Bah! répondit Stanislas en rougissant un peu et en haussant les épaules, peut-on savoir au juste ce qui se passe dans ce cœur profond? J'ai peur de lui parler d'amour, à cette femme étrange, car elle serait capable de profiter du conseil pour aimer son mari.

—Cela ne prouverait pas en faveur de ton éloquence.