—Ce Wolff est un brigand! Je vous en avertis, Arnold.
—Lui! bonté du ciel! un agneau, doux comme une femme!
—C'est cela même: doux, mais malin comme une femme. Je me vengerai, je me vengerai!
—Allons nous coucher, Gottlieb.
Gertrude et Marguerite parurent avec des flambeaux. La double apparition était prévue et ne fit peur à personne.
Une demi-heure après, tout le monde dormait dans la maison. Quand Wolff rentra, il était fort tranquille; et ce fut avec une lenteur qui donnait raison à M. Gottlieb et qui excluait toute idée de pusillanimité, qu'il ouvrit la porte. Mais si Wolff s'était amusé, M. Gottlieb se vengea réellement.
[II]
[Comme quoi les peureux peuvent faire trembler.]
Puisque Wolff, qui était un garçon timide, peu rompu à toutes les finesses de la méchanceté humaine, s'était émancipé jusqu'à faire sortir de sa cachette la vilaine poltronnerie de M. Gottlieb, il eût dû s'en tenir à la satisfaction de sa conscience de Machiavel, et ne pas vouloir un hommage et un aveu public de sa victime.