—J'y crois, monsieur Wolff, répondit la jeune fille qui reprit son ouvrage et qui trembla de la peur d'entendre dire du bien d'elle.
—Croyez-vous que j'ai pour votre père l'affection d'un fils, pour vous le dévouement d'un frère?
—Je le crois, monsieur Wolff.
—Vous promettez donc de me parler comme à un ami, comme à un frère?
—Comme à un ami, répliqua Gertrude, comme à un frère, ajouta-t-elle assez surprise de la solennité de ce début.
—Vous n'avez pas remarqué depuis deux jours la tristesse de ce bon M. Arnold, et, dans ce moment, Gertrude, vous ne voyez pas ce que je souffre?
—En effet, monsieur Wolff, répondit la jeune fille qui releva vivement la tête, au risque de laisser voir la rougeur de son front, mon père était triste et vous êtes pâle.
—C'est qu'un grand malheur nous menace, mademoiselle Gertrude.
—Un malheur! vous nous quittez!
—Oh! ce n'est pas cela, reprit Wolff qui sourit tristement à la pensée des promesses contenues dans l'effroi de Gertrude, ce n'est pas seulement cela.