—Comment? des arbitres! demanda sir Olliver.

—Sans doute, reprit le jeune Français, nous ne sommes pas seuls dans cette île.

—Nous ne sommes pas seuls? s'écria l'Anglais véritablement ému; puis après un silence:

—J'aurais dû m'en douter, continua-t-il avec découragement. Je n'ai pas de chance; et la seule île déserte que je découvre est une île peuplée.

Je puis affirmer que sir Olliver en voulait beaucoup au capitaine Michel dans ce moment, et s'il avait pu quitter l'île immédiatement, il n'eût prolongé ni l'entretien ni la promenade. Mais, bien qu'il fût excellent nageur, sir Olliver ne pouvait raisonnablement songer à s'échapper à la nage. Comment d'ailleurs s'y fût-il pris pour emmener ses provisions et son chalet? Or, il lui paraissait aussi impossible de renoncer à ses espérances de confort, qu'il lui semblait dur de renoncer à ses espérances d'émotion.

Nous allons voir que sir Olliver calomniait le hasard, en lui reprochant de gâter ses impressions de voyage!


[VI]

[Comment l'île des Rêves courut le risque de changer de nom.]

—A quel chiffre monte la population de l'île? demanda l'Anglais avec un effort visible.