JEAN. J'aperçois mon père sur son beau cheval blanc.

RACHEL, à la comtesse. Comme mon pauvre Bertrand serait joyeux s'il était ici!... et vous l'avez privé de ce plaisir.... Oh! madame, vous êtes bien sévère. Maîtresse, faites-lui grâce, laissez-lui voir ce tournoi, et il changera.

LA COMTESSE. Ma bonne Rachel, tu juges mal mon coeur de mère; je désirerais revoir l'enfant prodigue, mais sa tante m'a appris qu'il était incorrigible.

LA CHÂTELAINE. Oui; vous n'en obtiendrez jamais rien par la douceur.

LA COMTESSE. En songeant à ce qu'il doit souffrir, je voudrais lui pardonner.

LA CHÂTELAINE. Il n'est plus temps; le tournoi commence.

LES HÉRAUTS D'ARMES. Le tournoi s'ouvre; trompes, sonnez; bannières, déployez-vous!

JEAN. Voilà mon père qui s'avance un des premiers.

OLIVIER. Voilà aussi, mon oncle de la Motte; il se range de son côté.

LA CHÂTELAINE. Quel est ce chevalier qui vient de franchir la barrière?