BUONAVITA. Venez voir ceci, Brutaccio, cet enfant est marqué de Dieu: nous ne pouvons le retenir plus longtemps prisonnier.
BRUTACCIO. Quoi! c'est lui qui a peint ta face de brigand?
BUONAVITA. Oui, lui-même; un instant lui a suffi pour finir ce portrait.
(Les brigands se rangent autour du portrait de Buonavita.)
TOUS, admirant le portrait. C'est un miracle, ma foi!... Vive le petit Filippo!...
BUONAVITA. Vous le voyez, mon ami, on crie déjà: Vive Filippo! comme le peuple criait à Florence: Vive Masaccio! c'est d'un heureux présage.
SCÈNE IX ET DERNIÈRE.
LES PRÉCÉDENTS, RITA accourant éperdue, puis FRANCESCO armé d'une fourche et d'un pieu.
RITA. Rendez-nous nos enfants, nos pauvres enfants. Nous errons depuis huit jours dans nos montagnes... Enfin nous avons découvert votre retraite.... Ayez pitié d'une mère.... Rendez-moi mes enfants.... (Apercevant Filippo.) Mon cher fils! (Elle le presse sur son coeur.) Mais où est ta soeur, ma douce Stella, ma fille bien-aimée?