En marchant vers le lieu désigné, il aperçut le vieux chevalier qui s'y rendait par une autre allée. Ils échangèrent un salut fier, et arrivés au pied des grands arbres, ils mirent bas leurs habits, tirèrent leurs épées du fourreau et se disposèrent à se précipiter l'un sur l'autre.

En ce moment une ombre blanche glissa derrière le taillis. «C'est quelque daim qui veut nous servir de témoin, dit le vieil officier en souriant.

--Commençons,» s'écria Henri, impatient du combat. Mais comme il s'élançait, il sentit un souffle glisser sur son visage, et une main légère, passant derrière sa tête, arrêta son bras.

«Vous, ma mère! dit-il en se retournant.

--Moi qui viens pour être votre second, répliqua la duchesse en l'embrassant. Vous aviez raison, mon enfant; Alexandre est un héros réel: Quinte Curce n'a pas menti.

--Ceci veut dire, ma mère, que ce duel est juste et que je dois le poursuivre.»

Et il brandit de nouveau son épée.

«A moins, reprit la duchesse, que monsieur ne convienne qu'il s'est trompé et ne fasse une double réparation à vous et à Alexandre.

--J'aime mieux le duel, dit Henri tout animé.