RACHEL. Voyez, maîtresse, quelle forte pensée s'agite déjà dans cette jeune tête.

LA COMTESSE. Non, non, Rachel, il n'y a rien de bon en lui; il oublie la noblesse de son sang; il se mêle à des serfs.

BERTRAND. Les Anglais sont nos serfs aussi, et, si je bats aujourd'hui les petits vilains, cela me donne l'espérance que je battrai plus tard nos ennemis. Mais j'ai bien faim! laissez-moi me mettre à table.

LA COMTESSE. Non, sortez d'ici.

BERTRAND. Moi, l'aîné, je serai chassé de votre table et les cadets y resteront? non, par Dieu!

RACHEL. Oh! madame, un peu de bonté pour lui, cet enfant est destiné....

LA COMTESSE. Oui.... à faire le malheur de sa mère.

RACHEL, rêvant. Qui sait?

BERTRAND. N'est-ce pas, nourrice, que je serai un preux?

RACHEL. Donne-moi ta main.