—Un habit de chevalier de Malte.

—Fort bien; c'est d'un bon augure, car vous tiendrez le vœu que cet habit impose, répliqua le Vénitien en riant.

Nous sortîmes ensemble; nous passâmes d'abord chez un costumier, puis nous nous rendîmes chez la prima donna où je résolus de passer la fin de la journée à me laisser bercer par la musique et par la mansuétude que répandait autour d'eux l'amour de ces deux êtres heureux.

À peine étions-nous arrivés, qu'une voix aiguë appelant Stella nous annonça la visite de Zéphira. Je n'eus que le temps de me cacher derrière un rideau de porte en tapisserie.

—Eh bien! viendra-t-il au théâtre? viendra-t-il à ma fête? s'écria la danseuse du fond de la galerie.

—Oui, bellissima, répondit la prima donna, il l'a promis à l'amico.

—Tiendra-t-il parole, ce fier invisible? répliqua Zéphira.

—Sans aucun doute, dit le Vénitien, puisque nous sortons ensemble de chez le costumier.

—Ah! bravissimo! répondit la danseuse; mais il fallait l'amener ici.

—Non, repartit Stella avec finesse, il faut qu'il te voie dans tout ton éclat. Tu t'agites trop depuis quelques jours; tu pâlis et maigris: suis un conseil d'amie, va te baigner et faire la sieste jusqu'à ce soir; les roses de ton teint reviendront et tu seras irrésistible.