Pendant l'émigration, et dans un âge avancé, il se maria en Angleterre avec une de ses cousines, très jeune et très jolie; il en eut deux fils, et fut aussi bon mari que bon père. De longs malheurs, la perte entière de sa fortune que la restauration ne lui a point fait recouvrer, ne sont jamais parvenus à l'abattre; il a conservé le même coeur et le même esprit jusqu'à son dernier moment.

À la restauration, il avait été nommé gouverneur du Louvre, aussi peut-on remarquer qu'il a terminé ses jours près de l'enceinte où sont renfermés les chefs-d'oeuvre que pendant sa vie il avait tant admirés. Son ame tendre éprouvant le besoin d'élever ses affections plus haut que cette terre, il était devenu très pieux, mais sans aucune bigoterie. Ces sentimens ont adouci sa fin, et il est mort, entouré de ses amis, dans les bras de son prince chéri, qui ne l'a point quitté.

Les vers suivans, adressés à M. de Vaudreuil par le poète Lebrun, justifient tout ce que je viens de dire.

À M. LE COMTE DE VAUDREUIL.

Une grâce, une muse, en effet m'a remis

Les jolis vers dictés par le Dieu du Parnasse

Au plus céleste des amis,

À Mécène--Vaudreuil, qui chante comme Horace.

Eh quoi! l'ennui des cours n'a donc rien qui vous glace?

Quoi! votre luth brillant n'est jamais détendu?