—Tu t’occuperais de tes dictionnaires, cela vaudrait peut-être beaucoup mieux, tu sais?...

Puis, reprenant sa course, elle se remit, haletante, à la poursuite du petit.

II
APPRIVOISEMENT

Il avait continué de fuir, était loin, maintenant, tout au bout du parc. Par une brèche, il se coula, sur les genoux et les mains, à travers la haute haie épineuse, et fut sur la route.

Le village commençait là. Quatre heures. Les écoliers sortaient de l’école.

Il y en avait quatre ou cinq avec lesquels Laurent aimait à jouer. Chaque fois qu’il le pouvait, il allait les retrouver en cachette. On le lui défendait expressément, ces enfants n’étant pas de son rang, et connus pour leur mauvais esprit.

Ils étaient de ces petits Normands dits «fortes têtes», qui ramassent des cailloux pour lapider les passants et ne rêvent par ailleurs qu’école buissonnière et maraude.

Ce n’étaient pas des fils de paysans. Ceux-là sont plus pacifiques et plus lents.

L’un appartient à la dame de la poste, l’autre à l’épicier, le troisième...

Laurent s’était battu longtemps avec eux avant de les dominer. Maintenant il était leur maître, celui qui décide des jeux et des promenades.