- Il m'est si facile maintenant de lui aider [sic] à faire du bien! répond Anne en rougissant. Ce n'était, pourtant, guère le but que j'ambitionnais jadis en désirant une grande fortune! ajouta-t-elle avec un peu de mélancolie.

- Le bon Dieu se sert de tous les moyens pour nous amener à
Lui.

- Oui. Il m'a fait comprendre la folie de mon amour pour le luxe, et en voyant de près certaines misères, j'ai honte d'avoir, pendant quelques années, sacrifié tant d'argent à cette passion dont j'étais esclave.

- Vous rachetez cela aujourd'hui.

- J'essaie! dit Anne en souriant. Allons, je vous quitte, j'ai à peine le temps de faire mes deux courses avant le déjeuner de mon père.

- Vous verra-t-on tantôt?

- Je ne pense pas, je veux finir un travail pressé et ne sortirai probablement pas. Adieu.

Sarah serre la main que lui tend son amie; elle monte le perron et élève le bras vers la sonnette, quand tout à coup, se souvenant d'avoir oublié quelque chose, elle se retourne vivement et fait un petit appel. Anne, à peine éloignée de quelques pas, revient aussitôt.

- J'oubliais de vous dire que M. Hilleret vous fait présenter ses hommages.

- M. Hilleret?