- Monsieur Larousse, dit-il, votre petite-fille est malade.
Le vieil avare arrêta un instant ses calculs pour tourner les yeux vers Sarah. Il plaça derrière son oreille la plume dont il se servait, et, frottant l'une contre l'autre ses mains ridées qui rendirent un son de parchemin froissé, il répondit:
- Un peu, mais ce n'est rien.
- Elle a une fièvre ardente.
Jacques, s'approchant de Sarah, avait pris dans les siennes la main brûlante de l'enfant.
- C'est une fièvre de croissance. Tous les enfants y sont sujets, reprit Nicolas.
Le jeune homme secoua la tête.
- Elle ne grandit guère! J'ai peine à croire que cela la fatigue. Il faudrait la soigner.
- Je lui ai fait de la tisane d'orge, et elle s'entête à ne pas la prendre. C'est dommage! ajouta le marchand en jetant un regard douloureux vers le poêle, j'en ai acheté pour vingt centimes!
Cette grosse somme, si follement dépensée, lui pesait sur le coeur.