Puis, ouvrant la porte, elle poussa des cris affreux et courut vers l'escalier. Gaston terrifié la devança. Arrivée au premier étage, la misérable créature, effrayée, sans doute, à l'idée de se trouver en face de sa victime, feignit une attaque de nerfs. Toute la maison était en émoi. Gaston pénétra dans la cour; son père étendu sur les pavés, avait la tête appuyée sur le bras gauche et semblait dormir. L'enfant allait se jeter sur le corps. On le retint, on voulut l'éloigner. Il ne pleurait pas, il ne criait pas, mais il se débattait furieux.

«Laissez-moi,» disait-il avec énergie.

Péruchon, qui survint, le prit dans ses bras.

«Du courage, murmura l'ébéniste, je suis ton ami, moi.»

L'enfant se pressa contre la poitrine du brave ouvrier et lui dit d'une voix suppliante:

«Ne m'emmène pas.»

On souleva la tête d'Alexis avec précaution. Il ouvrit les yeux, promena autour de lui des regards surpris; puis il abaissa ces paupières comme pour reprendre un rêve interrompu et dit:

«Je suis bien, ne me bougez pas, ne faites pas de bruit.

—Qu'on apporte un matelas, s'écria le maître corroyeur.

—Attendez que le commissaire arrive, dit une femme; c'est la police ou le médecin qui doivent toucher le corps avant personne.»