—Non, répondit Bouchot, il prétend avoir une maîtresse et veut la faire poser… à titre de revanche, sans doute; il refuse de comprendre que je ne travaille que pour les femmes honnêtes.
—Qui vous dit que Loïsa ne le deviendra pas? reprit le baron; y a-t-il ici quelqu'un d'assez habile pour nous dire où commence la femme honnête et où elle finit? Ensuite, mon cher Bouchot, permettez-moi de vous rappeler que vous avez peint la maîtresse de Maxime.
—Vous vous trompez, ce que j'ai peint, c'est une jolie femme.
—Et vous avez créé un chef-d'œuvre. Eh bien, parole sacrée, Loïsa est plus belle que Justinia.
—Peste! dit-on à la ronde, où cachez-vous ce trésor, cher?
—Mais partout, continua le baron qui se rengorgea comme un pigeon, mais avec moins de grâce: au bois, dans un coupé; aux Italiens, dans une loge; au Palais-Royal, dans une baignoire; et enfin, rue de Provence, au premier, sur le devant.
—Messieurs, au revoir, dit Bouchot; si M. le baron de Beauchesne avait vingt ans, je l'écouterais peut-être; mais il a des cheveux blancs, bien qu'il les cache sons un flacon d'eau de Job; son langage me scandalise, et je bats en retraite.
—N'oubliez pas que je reviendrai éternellement à la charge, s'écria le baron, qui rit le premier de l'air pudibond affecté par Bouchot.»
L'artiste fit un demi-tour.
«Savez-vous pourquoi je me nomme des Étrivières? demanda-t-il à
Beauchesne.