—Vous comprenez pourquoi je tiens tant à posséder mon portrait de votre main?

—Si j'avais su! Que ne m'avez-vous dit tout simplement qu'il s'agissait d'Alice? continua-t-il en s'adressant au baron.

—Vous êtes charmant, répondit celui-ci; est-ce que je savais que vous connaissiez Loïsa? J'espère même que vous allez m'expliquer…

—Rien du tout; la situation est trop claire, il me semble, à moins que vous n'ayez jamais vu des amis d'enfance se retrouver, se serrer la main et s'embrasser.

—A votre aise; dit le baron qui fit une grimace en voyant Bouchot joindre l'action aux paroles; mais étiez-vous véritablement si jeunes lorsque vous vous êtes connus?

—Nous commencions à marcher… Ah! petite Alice, continua le peintre, cela m'égaye et m'attriste à la fois de vous revoir si belle.

—Vous ferez mon portrait?

—Oui, c'est-à-dire… Bon, j'oubliais… Je voudrais vous parler, Beauchesne, ce n'est pas uniquement pour causer peinture que je vous relance jusqu'ici. Ne pouvez-vous sortir un instant?

—Il gèle à pierre fendre, cher, et je n'ai pas de secret pour madame.

—La petite Léonie m'a chargé…