—M. Bouchot est joli garçon.

—Quand je dis que les hommes ne sont pas beaux, je ne veux parler ni de
Gaston ni de son ami.

—Tu m'inquiètes, c'est toujours le nom de mon neveu que tu mets en avant.

—N'est-ce pas vous qui m'avez appris, que, dans une lettre, il faut prendre garde surtout au post-scriptum?

—Oh! mais, voilà un symptôme.»

La jeune fille rougit et se cacha les yeux.

«J'aimerai peut-être un jour M. Bouchot, dit-elle en s'enfuyant; seulement, je veux que ce soit lui qui commence.

—Prends garde! lui cria Mademoiselle, qui murmura ensuite: Dieu, qui nous a prodigué les épreuves, devrait bien nous donner à tous ce bonheur-là.»

C'était une joie pour les deux convalescents que de sentir autour d'eux la petite Aimée, comme ils la nommaient familièrement. Bouchot surtout se plaisait à la voir, à l'entendre chanter, rire ou causer. La présence de la vive jeune fille faisait battre son cœur avec force, circuler son sang avec plus de vitesse. Le matin, il descendait toujours le premier, presque certain de trouver Aimée déjà établie près de la fenêtre du salon. Gaston ne tardait guère à le rejoindre; mais il s'installait sur un fauteuil, s'absorbait dans la lecture d'un livre ou demeurait pensif. A mesure que sa guérison avançait, une tristesse invincible semblait s'emparer de lui.

«A qui songes-tu? lui demanda un jour son ami.