—Me marier, répéta la servante en riant aux éclats; le ferblantier du coin de la place me l'a proposé une fois; il n'y est pas revenu, le gredin.

—Comment l'avez-vous guéri, Catherine?

—À l'aide d'une raclée dont on reverra la pareille le jour où je rencontrerai cette Blanchote qui vous a fait tant de misères, à M. Gaston et à vous.

—Je plains le ferblantier, en attendant que je plaigne Mme de La Taillade. Oubliez tout ce que je viens de vous dire, Catherine; je ne voudrais pas vous rendre rêveuse.»

Bouchot se dirigea vers le jardin; le docteur, assis près d'une tonnelle, était plongé dans une lecture qui semblait l'absorber.

«Quand je pense que ce brave homme tient ma destinée dans sa main, se dit l'artiste, je suis épouvanta de sa puissance. Que pourrais-je bien lui dire pour la flatter? Soyons dissimulé; avant de lui laisser entendre ma boîte à musique, sachons d'abord si la chanson est de son goût.

«Te voilà, mon filleul, s'écria gaiement le docteur, qu'as-tu donc fait de Gaston?

—Nous jouons à cache-cache, mon parrain; il me cherche par monts et par vaux, et je vais m'asseoir pour l'attendre. Tout le monde se porte donc bien que vous avez le temps de vous dorloter?

—Ne sais-tu pas que le printemps est la morte saison pour les médecins?

—Ils doivent bien le détester, alors. Je viens d'avoir un entretien avec Catherine, qui m'a fait une profession de foi dont je suis encore ému.