II

GASTON FAIT SES PREMIÈRES DENTS.

Insensible aux tristes événements qui signalèrent son entrée dans le monde, le nouveau-né fit d'abord peu de bruit. Dix fois dans les vingt-quatre heures, il s'éveillait pour se coller au sein de Françoise, jeune femme du village de Maulette, choisie pour allaiter le dernier des La Taillade. Il fallait voir les effarements de Mademoiselle lorsque la nourrice, chargée du précieux marmot, se transportait d'une chambre à une autre.

«Vous marchez trop vite, criait Catherine.

—Attendez qu'on écarte cette chaise, ajoutait Mademoiselle.

—Prenez garde à la porte!»

La porte était grande ouverte, la chaise ne gênait en rien, et Françoise haussait bravement les épaules.

«Mais je sais comment ça se manie; j'en ai déjà eu deux, répétait en vain la Normande.»

Ni Mademoiselle ni Catherine ne voulaient reconnaître cette expérience de la nourrice, qui, par bonheur pour le poupon, prit le parti de laisser dire et d'agir à sa guise.

«Monsieur crie, dépêchez-vous! disait Catherine aux heures de la toilette.