—Non, répliqua l'apprenti sans hésiter, c'est plus fort que moi, ça.
Voilà un grenadier qui me donne l'onglée tant il a froid.

—Prends ce crayon, et montre-moi ton savoir-faire sur cette page blanche.»

L'apprenti saisit les objets qu'on lui présentait.

«Il est bon, le monsieur au grand chapeau, murmura-t-il à l'oreille de Gaston; il croit m'embarrasser et demander la main d'Adélaïde. Je vais lui esquisser le brûle-gueule du père Austerlitz.»

L'homme au grand chapeau regarda l'apprenti manier le crayon; il sourit d'abord, devint sérieux, puis secoua la tête d'une façon approbative.

«Peste, dit-il, et sans maître! viens visiter mon atelier, ajouta-t-il en pinçant le bout de l'oreille de Bouchot, je te donnerai des conseils. Tiens, voici mon adresse, si tu la perds, n'oublie pas mon nom.»

Bouchot regarda le petit carton qu'on venait de lui remettre, pâlit et s'appuya contre la cimaise.

«Qu'as-tu donc? demanda Gaston.

—J'ai, répliqua l'apprenti d'une voix tremblante, que, sans la crainte d'être mis à la porte par ce gardien dont les favoris ressemblent à ceux du roi, je danserais le pas de Giselle. Devine à qui nous venons de parler?

—Dis-le moi plutôt.