— Naturellement, pour la discrétion…

— Un tombeau. Voici le train. Vous retournez à Issoire sans doute. Oui. Montons dans ce compartiment vide ; nous voilà installés. Allez-y, je vous écoute.

— Voilà. Mr. Orsat ne vous a pas tout dit et ne peut pas tout vous dire. Les centres asphaltifères du Syndicat sont tous, plus ou moins, en enclave dans des biens communaux et ne peuvent arriver à une bonne exploitation que s’il intervient un accord au sujet de ces biens communaux. Malheureusement, les communes dépendent du Préfet et celui-ci a un censeur terrible qui est le Conseil général. Or, comme toujours, la minorité quand elle est agissante est toute-puissante dans les Assemblées ; et ici la minorité d’opposition réclame l’exploitation directe, par le département, des asphaltières situées sur les territoires communaux ; elle s’oppose à tout octroi de facilités aux capitalistes exploiteurs et à la classe possédante. D’où l’interdiction de passer sur les terrains communaux qui environnent les asphaltières en chantier, interdiction de découvrir celles-ci, toutes sortes de difficultés qui expliquent en partie les prix de revient prohibitifs que vous connaissez.

— Alors ?

— Alors, il faudrait désarmer l’opposition.

— Combien sont-ils ?

— Un seul qui compte : Soudouli.

— Soudouli ? l’ami du prolétaire ? demanda Bernard avec un ton de naïveté dont il se gourmanda aussitôt.

— Il a pris goût aux truffes, répondit l’autre.

— Mais comment l’atteindre ?