— Bien sûr.

— Et si elle se retire en vous réclamant des comptes ?

— Avant ce moment j’aurai touché mon premier mandatement qui représente un fonds de roulement suffisant.

— Tout cela est évidemment bien combiné. Que pensez-vous que décidera votre Société ?

— Elle acceptera. Car si elle accepte nous gagnons 20 % sur la commande d’un million, soit cent mille francs pour chacun ; si elle refuse, j’ai deux cent mille francs pour moi.

— C’est égal, vous les avez trahis !

— Pas du tout. J’arrive ici, je rétablis la situation, je crée une affaire nouvelle qui marche. Ma Société aurait perdu 300.000 frs. dans l’année ; elle en gagnera 100.000. Il me semble que je suis au contraire fort bon pour elle.

— Où s’arrête l’honnêteté ? songea Mr. Orsat, et lequel, de ce jeune homme ou de ses patrons, est l’exploiteur ?

Il reprit à voix haute :

— Si je vous comprends bien, vous désirez des parts syndicataires à titre gratuit. Mais, encore une fois, en dehors de votre valeur personnelle, c’est-à-dire des espérances, que nous apportez-vous de positif ?