Membrum. Artus.

Membrum, le membre même constituant une partie du corps, comme μέλος et χῶλον ; artus, l’articulation du membre, comme ἄρθρον et ἅψος. Sen. Contr. II, 13. “Differebatur distortis manibus, emotis articulis ; nondum in sua membra artus redierant[1].” “On la tiraillait encore quoique les mains fussent disloquées, les articulations luxées ; les jointures ne s’étaient pas encore rapprochées des membres.” Virg. Æn. V, 422. “Magnos artus membrorum.” “Les muscles puissants qui servaient d’attache aux membres.” Quintil. Decl. Ult. “Ut per singulos artus membra laxaret[2].” “Afin de déboîter les membres à chaque jointure.” D’autre part, membra se dit de toutes les parties du corps, même de la tête et du tronc ; artus ne désigne que les extrémités qui se rattachent par des jointures, commissuræ, au corps proprement dit, composé de la tête et du tronc.

Meminisse. Reminisci. Recordari.

Meminisse présente le souvenir comme un état de l’esprit, μεμνῆσθαι, on a conservé un fait dans sa mémoire, on sait encore sans avoir jamais oublié, c’est le sens de memorem esse ; reminisci et recordari présentent le souvenir comme un acte de l’esprit, ἀναμιμνήσϰεσθαι, on retrouve une idée qu’on avait perdue de vue. Mais reminisci exprime, comme in memoriam revocare, un acte momentané ; recordari un acte durable, comme revocata in memoriam contemplari. Cic. Lig. 12, 35. “Equidem, cum tuis omnibus negotiis interessem, memoria teneo, qualis T. Ligarius, quæstor urbanus, fuerit erga te et dignitatem tuam ; sed parum est, me hoc meminisse ; spero etiam te, qui oblivisci nihil soles, nisi injurias, quoniam hoc est animi, quoniam etiam ingenii tui, te aliquid de hujus illo quæstorio officio cogitantem, etiam de aliis quibusdam quæstoribus reminiscentem recordari.” “Témoin de tous tes embarras, j’ai la mémoire encore pleine de ce que T. Ligarius a fait pour toi, pour ménager ta dignité, dans sa questure civile. Mais c’est peu que je me souvienne moi. Tu nous as habitués à ne te voir jamais oublier que les injustices, c’est là que va la pente de ton âme et de ton caractère ; j’espère donc qu’en songeant à la manière dont il a rempli cette charge, tu t’arrêteras aussi sur les souvenirs qui se rapportent à quelques autres questeurs.” Ce passage fait voir 1º que memoria tenere n’est qu’une périphrase de meminisse ; 2° que recordari peut être une conséquence de reminisci, sans que la réciproque soit vraie, car il y a entre les deux le même rapport qu’entre intueri et conspicere. Cic. Sen. 21. “Pueri... ita. celeriter res innumerabiles arripiunt, ut eas non tum primum accipere videantur, sed reminisci et recordari.” “Les enfants saisissent si promptement une foule d’idées qu’ils ont l’air de les retrouver et de s’y arrêter par souvenir plutôt que de les recevoir pour la première fois.” Cicéron aurait pu ajouter : “quæ non satis meminerint, sed in aliquantum temporis obliti sint” : “idées qui ne s’étaient point assez gravées dans leur mémoire, qu’ils avaient oubliées pour un temps”. Tusc. I, 24, 58. “Animus, quum se collegit atque recreavit, tum agnoscit illa reminiscendo ; ita nihil aliud est discere, quam recordari.” “L’esprit se recueille et reprend des forces, après quoi il retrouve ces idées par un effort de mémoire ; apprendre, c’est donc s’arrêter sur des souvenirs.” Sen. Ep. 100. “Magis reminiscor quam teneo.” “C’est un souvenir que je retrouve plutôt qu’un souvenir qui m’est resté.”

Mercenarii. Operarii. Operæ.

Mercenarii, journaliers qui ne travaillent point à leur compte, mais pour un salaire, par opposition au propriétaire qui a le profit ; operarii et operæ, manœuvres qui entreprennent pour un autre un travail mécanique par opposition au maître qui fournit l’idée. Les mercenarii sont relégués à un rang inférieur par leurs mœurs ; les operarii, par la grossièreté de leur travail,