Animadvertere se dit de l’esprit qui remarque et observe ; notare, d’une marque à laquelle on a recours pour attirer l’attention.

Animal. Animans. Bellua. Bestia. Pecus. Fera.

1. Animal et animans, les animaux considérés comme des êtres doués de vie, l’homme compris : animal caractérise la nature de l’être ; quel que soit son aspect, il appartient à la classe des êtres animés ; l’opposé est inanimus, l’équivalent grec ζῶον. Animans précise l’état dans lequel se trouve l’être : il vit, il respire ; l’opposé est exanimus. On dit animalium cadavera ; animantium cadavera ferait un non-sens. Bellua, bestia et pecus ont trait à l’intelligence ; c’est l’animal déraisonnable par contraste direct avec homo ; bestia et fera expriment une sorte de rapport moral, c’est la brute hostile à l’homme.

2. Bellua désigne particulièrement un animal grand et lourd, par exemple un éléphant, une baleine, par préférence les monstres marins ; pecus, un animal domestique, par préférence des moins intelligents, par exemple un taureau, un mouton, par opposition à l’animal en liberté : c’est le bétail ; bestia, bête nuisible, surtout dévorante, par exemple un tigre, un loup, par opposition aux oiseaux, comme θηρίον ; fera, bête farouche, hôte des forêts, par exemple un cerf, un loup, un tigre, par opposition aux animaux domestiques, comme le gibier et les bêtes sauvages, θήρ. Curt. IX, 10, 10. “Indi maritimi ferarum pellibus tecti piscibus sole duratis et majorum quoque belluarum, quas fluctus ejecit, carne vescuntur.” “Les Indiens des provinces maritimes, couverts de la dépouille des bêtes sauvages, se nourrissent de poisson séché au soleil et même de la chair des monstres marins que les flots ont rejetés.”

Annales. Historiæ.

Annales, traité général d’histoire et en particulier histoire du passé composée sur les sources, Tite-Live et Tacite ; historiæ, étude d’histoire contemporaine, d’événements auxquels l’auteur a assisté, Salluste et Tacite. L’auteur des annales se propose de faire, année par année, une énumération aussi variée que complète de toutes les particularités mémorables ; celui des historiæ traite un point d’histoire et laisse de côté les événements les plus remarquables quand ils ne s’y rattachent pas.

Antiquus. Priscus. Vetus. Vetustus. Veternus. Pristinus.

1. Antiquum et priscum, ce qui a existé autrefois et qui n’est plus, par opposition à novum, comme παλαιός ; vetus et vetustum, ce qui existe depuis longtemps et n’a plus de part ni aux inconvénients ni aux priviléges de la jeunesse, par opposition à recens, comme γέρων, γεραιὸς, γερούσιος">. Antiquus homo, homme du bon vieux temps ; vetus, vieillard. Les classiques s’appellent antiqui scriptores, en ce sens que leur siècle est depuis longtemps passé ; veteres, en ce sens qu’ils subsistent et servent de modèles depuis deux mille ans. Cic. Verr. II, 21. “Vereor ne hæc nimis antiqua et jam obsoleta videantur.” “J’ai peur que ces exemples de modération n’aient vieilli et ne paraissent hors d’usage.” Comparez avec Orat. I, 37. “Ut illi vetus atque usitata exceptio daretur.” “Pour lui donner le bénéfice de ce privilége ancien et souvent appliqué.”

2. Vetus se rapporte exclusivement à la durée et présente l’âge soit comme un avantage, soit comme un désavantage ; vetustus a trait aux priviléges de l’âge : ce qui subsiste de vieille date est plus solide, plus respectable, plus à l’épreuve que les nouveautés ; il a pour opposé novicius. Enfin veternus fait allusion aux infirmités du grand âge usé par les années, affaibli, épuisé pour avoir duré trop longtemps. Mais comme dans le beau siècle de la langue on ne rencontre veternus que sous la forme de substantif, veternum, dans le sens de somnolence, vetus le supplée régulièrement et désigne plus souvent la décadence que la vigueur de l’âge. Tac. Ann. XI, 14 et 15.Veterrimis Græcorum.” Les caractères de l’alphabet latin sont empruntés aux plus vieilles formes des lettres grecques. Et “vetustissima Italiæ disciplina.” La science des aruspices, la plus auguste par son antiquité de toutes les sciences que l’Italie cultive.

3. Antiquus se dit simplement des choses du vieux temps, du temps passé, par opposition au présent ; priscus est un terme pompeux qui ajoute à l’idée principale d’antiquité une idée accessoire de respect et de sainteté, comme ἀρχαῖος, par opposition à la mode du jour.