Diligere. Amare. Deamare. Adamare. Caritas. Amor. pietas.
1. Diligere, c’est l’amour qui naît de l’estime, le résultat de nos réflexions sur le mérite de l’objet aimé, comme φιλεῖν ; amare, c’est l’amour par inclination, celui qui a son origine dans le sentiment, qui est involontaire ou même irrésistible, comme ἐρᾷν, ἔρασθαι. Diligere désigne l’amour pur, dégagé du joug des sens et de l’égoïsme, calme et paisible : amare, l’amour ardent qui confine à la passion, qu’il soit d’ailleurs sensuel ou platonique. Cic. Att. XIV, 17. “Tantum accessit ut mihi nunc denique amare videar, ante dilexisse.” “Il me semble, tant mon amour a grandi, qu’il ne mérite ce nom que d’aujourd’hui et que je n’avais auparavant que de l’affection.”
2. Amare, aimer en général ; deamare, verbe augmentatif, aimer à en mourir, comme amore deperire ; et adamare, verbe inchoatif, commencer à aimer.
3. Caritas, entendu de l’effet qu’on produit, c’est l’affection que les autres ont pour nous. C’est une sorte de substantif à sens neutre par rapport au substantif à sens actif, amor, le penchant que nous éprouvons pour un autre ; d’où viennent ces constructions : caritas apud aliquem ; mais amor erga aliquem.
4. Caritas, entendu de l’effet qu’on ressent, tout amour qui tourne à la tendresse, particulièrement celui des parents pour les enfants, sans aucun mélange de sensualité, il ne se dit que des personnes, comme ἀγάπη ou στοργή ; amor, l’amour ardent et passionné pour des personnes ou des choses, comme ἔρως ; enfin, pietas, c’est l’amour instinctif pour des personnes et des choses que les liens sacrés de la nature nous obligent à aimer, dieux, parents, patrie, bienfaiteurs. La caritas se complaît dans l’objet aimé, se réjouit de le posséder et se manifeste par des prévenances et des sacrifices ; l’amor vise à réduire toujours davantage le même objet en son pouvoir ; il est difficile à satisfaire ; la pietas se laisse aller à un penchant naturel et à un sentiment religieux.
- Diluculum, v. [Mane].
- Dimicare, v. [Pugnare].
- Dirimere, v. [Dividere].
- Dimetari, dimetiri, v. [Metiri].
- Dimittere, v. [Mittere].
- Diripere, v. [Vastare].
- Dirus, v. [Atrox].
Disceptatio. Litigatio. Controversia. Contentio. Altercatio. Jurgium. Rixa.
1. Disceptatio, litigatio et controversia, différends susceptibles d’être terminés à l’amiable et par des voies régulières ; contentio, altercatio et jurgium, différends entachés de passion et de violence, mais qui se passent néanmoins en paroles ; rixæ, différends qui se traduisent ou menacent de se traduire en voies de fait, comme les querelles et les batteries, et qui tiennent le milieu entre jurgium et pugna. Liv. XXXV, 17. “Ex disceptatione altercationem fecerunt.” “La dispute dégénéra en altercation.” Tac. H. I, 64. “Jurgia primum, mox rixæ inter Batavos et legionarios.” “Il y eut d’abord de gros mots, puis des rixes entre les Bataves et les légionnaires.” Dial. 26. “Cassius Severus non pugnat, sed rixatur.” “Cassius Sévérus cherche des rixes, sinon des batailles.”
2. Il y a lutte, controversia, entre deux partis dès qu’ils sont opposés l’un à l’autre ; débat, disceptatio, dès qu’ils s’engagent dans une dispute sous prétexte de rechercher la vérité ou de démêler le droit sans avoir dans le principe des intentions hostiles ; contestation, litigatio, dès qu’ils s’inspirent d’un esprit d’hostilité et d’intérêt personnel.
3. La contentio veut absolument avoir raison et atteindre son but en mettant toutes ses forces en jeu dans quelque intention que ce soit ; l’altercatio ou échange de paroles ne veut pas demeurer en reste de propos avec son adversaire, elle veut avoir le dernier mot ; le jurgium n’écoute rien et décharge sa mauvaise humeur par des paroles dures. La contentio offre une image sérieuse, celle d’un effort vigoureux ; l’altercatio, l’image comique de personnes qui s’échauffent à la manière des femmes ; le jurgium, l’image repoussante de la colère brutale.