39. Lorsque l'on voit un assemblage de taupinières fraîches, si l'on prenait la peine de les enlever toutes avec la houe, et de découvrir dans toute leur longueur les boyaux qui communiquent de l'une à l'autre, on serait assuré de rencontrer et de prendre la Taupe qui y travaille.

40. Cette opération serait sans doute trop longue et trop embarrassante; mais elle deviendra extrêmement simple, si l'on peut réduire la Taupe et l'enfermer entre deux points peu éloignés. Pour la prendre, il ne s'agira alors que de découvrir avec la houe l'espace intermédiaire de ces deux points.

41. On réduit une Taupe entre deux points d'un boyau, par le moyen de quelques coupures ou incisions faites à propos à ce boyau. Ces incisions lui coupent, pour ainsi dire, le chemin, puisqu'elle ne les franchit qu'après les avoir réparées (17).

42. Lorsque l'on a fait une coupure, il faut fermer légèrement, avec un peu de terre, les extrémités du boyau qui y aboutissent, afin de retarder la marche de la Taupe.

ARTICLE III.
Application des principes précédents, ou Pratique de l'Art du Taupier.

INSTRUMENT DU TAUPIER.

Le seul instrument qui soit absolument nécessaire au Taupier est une houe; mais il convient qu'il se munisse aussi de quelques brins de paille, de quelques morceaux de papier blanc et d'un pot d'eau.

Du nombre de Taupes qui se trouvent dans un héritage; de leur sexe et de leur âge.

La première chose que doit faire un Taupier en entrant dans un héritage, est de reconnaître, s'il est possible, les gîtes et les routes (1 et 2), ensuite de savoir combien il renferme de Taupes, afin de les attaquer toutes à la fois; c'est le moyen d'aller vite en besogne.

Je suppose une pièce de pré, représentée par la planche ci-jointe, couverte de taupinières, fig. 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12.