Henri Lecourt inventa le piége généralement usité encore en France, après quelques légères modifications dans sa construction. «Le piége de Lecourt a la forme des pinces d'argent de nos sucriers. Le ressort fait partie du piége; il n'est ni ajouté ni soudé, comme dans les piéges ordinaires; la détente tombe au passage de l'animal, et l'élasticité de la tête du piége fait ressort. Ce piége consiste donc en deux branches carrées et croisées, réunies par une tête à ressort, à la manière des pincettes ordinaires. La tête est en acier aplati, les branches en fer. Leur extrémité est armée de deux crochets pliés en contre-bas et à angle droit de 20 lignes (0m,009). La longueur du grand piége est de 7 pouces 6 lignes (0m,20). Il y a un piége plus petit pour tendre dans les murs. Le piége ouvert, on y place la détente.» (Cadet de Vaux, De la Taupe, p. 205-206.)

Ce piége aussi a été modifié par les constructeurs, en vue, sans doute, d'en simplifier la fabrication. Il est maintenant généralement fait de deux branches réunies au milieu par un boulon-rivet; les deux branches les plus courtes sont tenues écartées, tant que le piége est au repos, par un ressort; de sorte que quand la détente est placée entre les deux grandes branches, celles-ci tendent à se rapprocher violemment, ce qui a lieu lorsque la taupe a fait tomber la détente, en prenant sa place. Il manque à ces piéges un petit appendice qui indique extérieurement leur situation quand ils sont placés; on s'éviterait ainsi des pertes fréquentes dues à un oubli bien concevable.

Il ne nous reste plus qu'à citer les ennemis naturels de la taupe: l'homme, le chien, le renard, le chat, la fouine et peut-être la belette; et à ajouter que, si la taupe a perdu depuis longtemps les nombreuses vertus médicales qu'on lui attribuait, sa fourrure, surtout lorsqu'elle est prise en automne et en hiver, pourrait être utilisée en vêtements comme elle l'est déjà en sacs à tabac.

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TABLE DES MATIÈRES

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Pages.
INTRODUCTION.—Histoire naturelle de la Taupe.[1]
L'art du taupier[51]
ARTICLE PREMIER.—Notions sur l'histoire naturellede la Taupe servant d'introduction àl'art du taupier[55]
ARTICLE II.—Principes de l'art du taupier[64]
ARTICLE III.—Application des principes précédentsou pratique de l'art du taupier[68]
OPÉRATIONS.—Premier cas.—Lorsqu'uneTaupe n'a fait qu'une taupinière[72]
Second cas.—Lorsque la Taupe a fait deux taupinières[74]
Troisième cas.—Lorsque la Taupe a fait troistaupinières[75]
Quatrième cas.—Lorsque la Taupe a fait quatretaupinières et au delà[76]
Autre manière d'opérer dans les 2e, 3e et 4e casci-dessus[77]
Procédé essentiel à employer[78]
Cinquième cas.—Lorsque la Taupe ne vient passouffler aux premières ouvertures faites par letaupier[79]
Sixième cas.—Autre manière d'opérer dans les2e, 3e, 4e et 5e cas ci-dessus, lorsqu'on setrouve près d'une taupinière au moment où laTaupe y souffle[81]
Septième cas.—Lorsqu'une ou plusieurs taupinièresfraîches se trouvent à proximité desvieilles taupinières[82]
Huitième cas[84]
OBSERVATIONS[84]
Vocabulaire de l'art du taupier[87]
Addition à l'art du taupier[91]