—Parce qu'elle n'a jamais souffert.
—Non, vrai, je la crois incorruptible. Vous, savez pourtant que je n'ai pas trop bonne opinion des femmes. Mlle Borel, qui l'a élevée, est un roc de vertu.
—Oui; mais à l'école de votre sœur, qui est coquette....
—Je crois deviner qu'elle n'a pour ma sœur ni admiration, ni sympathie.
—Elle a donc beaucoup de préjugés?
—Elle a plutôt de la fierté.
—Peuh! laissez donc! elle est fière, donc elle a conscience de sa valeur. Elle aura peine à supporter cette demi-servitude. Comme artiste, elle doit aimer le luxe. Elle se fatiguera de sa pauvreté. Libre et entourée de séductions de toutes sortes, comment voulez-vous qu'elle résiste? Elle tombera, c'est dans la force des choses.
—Elle a reçu une éducation à l'américaine.
—Raison de plus.
—Non, car elle pense que les femmes doivent se créer une position indépendante par le travail.